GOUVERNE-MENT : euthanasie, un premier pas vers l’eugénisme ?

Paris, le 4 avril 2014
 

Devant le Ministère des Affaires Sociales, Les Gavroches dénoncent la volonté du gouvernement de réformer la Loi Léonetti ce qui contribuerait à banaliser l’acte de tuer.

Euthanasie, Suicide assisté, sédation terminale, autant de termes précis sur lesquels les Français sont régulièrement interrogés : ils semblent y donner un écho favorable.

Des lobbies et un certain nombre personnes au gouvernement sont favorables à l’euthanasie ou au suicide assisté. Ils poussent deux arguments :
– toute personne a droit à mourir dans la dignité
– la loi Léonetti ne répond pas de façon satisfaisante aux situations vécues
Mis tous ensemble, ces éléments amènent à une conclusion qui s’imposerait naturellement : le droit à mourir dans la dignité passe par une réforme de la loi Léonetti qui ouvrirait le droit aux actes volontaires de fin de vie.

Les Gavroches sont particulièrement interpellés par le détournement du mot dignité : la dignité humaine reste entière, même quand l’état physique ou mental est diminué. Refuser la dignité à une personne malade, une personne en fin de vie, une personne grabataire, reviendrait à dire qu’il existe une hiérarchie de la dignité. Les Gavroches dénoncent cette idée qui glisserait vers un « devoir de mourir pour les indignes ». Ils y dénoncent une banalisation de la pensée eugéniste et rappellent que le régime nazi a éliminé en deux ans plus de 700 000 personnes handicapés, interdites de vivre car non-conformes.

Les Gavroches croient que la loi Léonetti reste une loi juste pour la société et rappellent sa trop faible application. Ils relayent les inquiétudes des professionnels de la santé en soulignant la méconnaissance par les Français de cette loi et le trop de moyens alloués au développement et à l’amélioration des soins palliatifs.
La loi Léonetti évite déjà l’acharnement thérapeutique en fin de vie. Car elle prévoit que les actes médicaux ne soient pas « poursuivis par une obstination déraisonnable » et que « lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant aucun effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris ».

Légaliser l’euthanasie :
– ne serait-ce pas donner aux personnes en fin de vie l’impression d’être un poids pour leurs proches, pour le personnel médical, pour la société toute entière ?
– ne serait-ce pas offrir aux proches d’un malade un soulagement qui passerait par mise à mort d’une personne souffrante ?
– ne serait-ce pas conduire à un arbitrage financier nécessaire en défaveur des soins palliatifs, en défaveur des soins pour les malades incurables,
– ne serait-ce pas nier la dignité de la personne dont le cas est jugé irrécupérable ?
– ne serait-pas enterrer le délit de non-assistance à personne en danger ?
– ne serait-ce pas créer un personnel médical au service de la mort ?
Les Gavroches affirment que ces questions ne peuvent être ignorées.

Le sujet est plus complexe qu’il n’y paraît. Les Gavroches refusent donc de céder à la tentation en tirant « les conclusions qui s’imposent », ils refusent de proposer « un progrès sociétal », avec l’argument de fait que « certains de nos voisins ont déjà des législations ad hoc ».
Dans le cadre de leurs actions de rue, ils constatent que la réflexion conduit de nombreuses personnes à reconsidérer leur avis parfois rapidement formé sur l’euthanasie et que l’argument selon lequel « si la personne souffre et qu’elle a une maladie que l’on ne peut soigner, c’est mieux d’abréger sa vie », n’est qu’une contrevérité dangereuse pour les plus faibles d’entre nous.

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