« Du coup, vous nous offrez du beau dans la cité »

Samedi 1er avril, lors d’un après-midi ensoleillé, dans le parc de la cité Pablo Picasso à Nanterre.

Trois Gavroches, deux chevalets et deux tableaux, il en faut peu pour les enfants des barricades, amoureux de la France et des arts pour animer un atelier de rue.

Tableau 1

Les promeneurs, enfants et adultes s’arrêtent et se prêtent volontiers au jeu de l’apprendre à voir. Les enfants surtout apprécient l’expérience, ils sont heureux de voir « un tableau comme ça, c’est plus drôle qu’à l’école ». Leur regard enfantin et innocent permettent d’évoquer de nombreux sujets : la famille, la filiation, le patriotisme fraternel et l’Amour de la France.

Devant la toile de Vigée Le Brun qui est un portrait de l’artiste avec sa fille, dit « La tendresse maternelle » les enfants mettent en exergue l’amour d’une mère pour son enfant, en montrant du doigt la main de la maman « ça se voit qu’elle est toute douce, elle est belle avec ses yeux ».

Plus loin « Le bal du Moulin de la Galette » de Renoir attire davantage pour les couleurs et l’esprit de fête que dégage la toile. Un homme annonce qu’à l’époque « on savait faire la fête simplement et surtout les gens ils étaient bien habillés ». Une mère d’origine congolaise s’arrête avec ses enfants en trottinette, s’amuse de la toile en disant « c’est vieux ça, c’est pendant la Guerre de cent ans » et sa fille Malia lui rétorque « mais pas du tout, c’est le Second Empire, faut regarder les robes et les chapeaux ».

La Gavroche qui anime l’atelier lui demande comment elle sait cela. Dans sa classe, son institutrice a réalisé une grande frise chronologique. Elle ajoute qu’elle aime « trop l’histoire de la France, il y a plein de trucs à apprendre. » son petit frère Théo complète en disant que « même une fois avec la classe on est allés à Paris dans Le Louvre et on a vu La Joconde et des statuts ! ».

Tableau 2

Juste à côté de nous, un manège. Trois jeunes de quinze ans sautent sur le manège en marche avant d’être chassés par le gérant. Une Gavroches leur propose de « jouer à découvrir le Beau ».

Les adolescents filment même pour partager cela au collège à la rentrée. Leurs connaissances sur l’Histoire de France et la culture française sont maigres, mais on perçoit dans leurs yeux la volonté d’apprendre et la soif de recevoir du Beau, du Vrai. Avant de partir, ils jettent un grand sourire en disant « c’était trop kiffant, merci ! » Nous leur faisons la promesse de bientôt revenir, avec d’autres tableaux.

Tableau 3

Alors que nous rangeons notre matériel, une dame s’approche et nous demande si nous sommes étudiants en école d’art. Nous lui expliquons que non, mais que nous aimons faire ça sans avoir la prétention de tout connaître sur les tableaux, que si vous n’allez pas au musée, alors le musée viendra à vous.

Elle ajoutera « du coup, vous nous offrez du beau dans la cité ».

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